Le matériel spéléo, ça s’use aussi !

mercredi 8 août 2018
par  Claude
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La plupart des équipements de protection : casques, baudriers, mousquetons, cordes, bouteilles, détendeurs, etc., sont des équipements de protection individuelle (EPI) et doivent à ce titre être conformes aux normes applicables en la matière (Décret du 5 août 1994 puis décrets du 7 mars et du 7 novembre 2008). En conséquence, seuls les EPI portant le marquage CE peuvent être « (...) vendus, loués ou distribués à titre gratuit... ». L’AFNOR a publié la norme NF S72-701 (avril 2008) intitulée « Mise à disposition d’Equipements de Protection Individuelle pour activités physiques, sportives, éducatives et de loisirs dédiés à la pratique de l’escalade, l’alpinisme, la spéléologie et activités utilisant les mêmes techniques et équipements – Modalités de contrôle et de suivi ». Cette norme précise les méthodes de gestion (identification, contrôle et suivi) et les rapports entre le propriétaire et l’utilisateur.

Le législateur a pensé à tout pour la sécurité du spéléologue. Mais dans la vraie vie, au fil des années, il arrive de rencontrer des traces d’usure sur notre beau matériel.


AMARRAGE


Un des amarrages d’une tête de puits d’une cinquantaine de mètres tout de même, est retrouvé dévissé par un des membres de l’équipe. Bizarre... Après dés-équipement, une vis rouillée et usée jusqu’à la moelle est découverte.



Une vis usagée ...

Mesure corrective

Stockage amélioré avec visibilité sur chaque vis pour faciliter les contrôles visuels.

DOUBLE LONGE


En attente à un palier, j’en profite pour inspecter ma double longe et surprise (plutôt mauvaise !), un des mousquetons (SIMOND CHAMONIX ZICRAL 3000) est dégradé et présente des zones d’aspect fibreux inquiétant avec gonflement de la matière. Par endroit, une partie de l’aluminium a disparu, laissant apparaitre le cœur du métal. Cette altération se situe hors de la zone de frottement avec d’autres mousquetons, mais en partie sous le nœud de longe.
Cette dégradation serait donc due à une mauvaise matière ou une défaillance dans le déroulement du process de fabrication ?


Un mousqueton de longe dégradé ...

Mesure corrective

Au cours des sorties, organiser des expertises collectives.


AMARRAGE EN FIXE


En spéléologie, la majorité des mousquetons et plaquettes sont maintenant réalisés dans des alliages légers à base d’aluminium de la famille des Zicral.
Utilisé en fixe et dans certaines cavités, il apparait en quelques mois des taches blanchâtre ressemblant à une oxydation.
L’oxydation est toujours un phénomène électrochimique ! Que se passe t-il alors à l’intérieur au niveau de la structure interne de ces amarrages ?


Mousqueton et plaquette oxydés au Creux Peugier... On devine une plaquette au Bois du Clos en Charente...


Mousqueton et plaquette oxydés au gouffre du Truchot en 1 an...

Mesure corrective

Mise à la poubelle !

Infos


L’oxydation des amarrages par électrolyse est un phénomène bien connu et entraîne leur destruction. Concernant la gestion EPI, les fabricants portent en principe sur leur notice d’utilisation, des indications de surveillance visuelle avec consignes de mise au rebut. Ces mêmes informations sont largement diffusées dans nos stages de formations fédérales et évidemment consignées dans le guide de gestion des EPI de notre fédération. En conclusion, pas de nettoyage mais mise à la poubelle de vos amarrages oxydés !
Yves Contet, Club AFESS (01)


Tous nos jouets en Zycral sont des alliages donc la destruction électrolytique peut être importante et profonde (mille-feuille voire disparition complète). Il est dit dans certaines docs de fabriquant que moins de 1 mm d’usure est tolérable, au delà poubelle. Cela dépend du contexte aussi quelques jours, quelques mois, cavité connu pour être très corrosive, etc. Il faudrait radiographier pour être sûr et confirmer par un test en charge (et encore), qui va le faire ??? donc dans le doute poubelle …
Frederic Bonacossa

En spéléo, toujours utiliser des mousquetons anodisés (couleur). Moins de risque au niveau des phénomènes d’électrolyse. Pas d’équipement fixe en alliage léger. Utiliser des maillons inox. Si oxydation Zicral, poubelle. Je ne peux pas vous donner de renseignements plus précis. Je me base tout de même sur mon expérience passée de travail du Dural (EN AW - 2017). Ces alliages d’aluminium nécessitent une trempe fraiche pour être façonnés (pliage etc...).
Denis Motte, ASDC (25)

C’est un problème de circulation des électrons au sein du matériau qui conduit à réorganiser l’alu en mille-feuilles friable. Phénomène accéléré par la présence d’éléments en acier (petits axes, ressorts...) qui ferait une différence d’électrolyse. Bref ce n’est pas bon... Si la couche blanche est très légère, incomplète et se nettoie en le prenant en main, tester un mousqueton. Sinon jeter !
Christophe Prevot


Les feuillets sont les fibres de métal obtenues lors du forgeage. Il n’y en aurait pas si les objets étaient coulés, mais le forgeage donne une résistance bien supérieure. L’électrolyse se fait lors de la présence de 2 métaux hors les axes sont toujours en acier, les vis des plaquettes également. Préco amarrage en place = ferraille ou inox.
Philippe Brunet



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mardi 11 décembre 2018

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